Bêtes humaines

1 Jan

L’été dernier, les Editions des Artistes Fous (voir site ici) m’avaient gentiment fait parvenir leurs deux anthologies Fin de Mondes (2012) et Sales Bêtes (2013) en version numérique. Je n’avais lu et fait une chronique que sur la première nouvelle du recueil Sales Bêtes, « Les maîtres ne viendront plus » de Ludovic Klein. Armée d’une liseuse numérique depuis Noël, je me suis empressée de découvrir toutes les Sales Bêtes !

Sales Bêtes ! – Animaux étranges et délires zoomorphiques, anthologie dirigée par Paul Demoulin, Ludovic Klein, Vincent Leclercq et Sébastien Parisot

Sales Bêtes est donc une anthologie de 20 nouvelles avec pour thème central l’animal ou plutôt l’animalité. Tous les récits font intervenir des animaux, symboles de l’altérité face à une humanité pourtant bien souvent bestiale. Si l’homme a une grande part d’animalité en lui, il cherche bien souvent à la contrôler voire à l’effacer de sa vie quotidienne tout en conservant à l’animal une place dans sa vie quotidienne et son imaginaire.

Les nouvelles explorent différents aspects de l’animalité notamment celui de l’hybridation et de la mythologie dans des styles très différents.

Si dans l’ensemble, j’ai apprécié la plupart des nouvelles, mes préférées sont « Les maîtres ne vinrent plus » de Ludovic Klein (chronique ici), « La dépression du chat » de Gallinacé Ardent, « Manger les rêves » de Romain D’Huissier et « τρ » de Sébastien « Herr Mad Doktor » Parisot. Que les autres auteurs ne m’en veuillent pas, il me fallait opérer un choix !

« La dépression du chat » relate l’histoire d’un chat gigantesque, enfermé dans le sous-sol d’une maison, malade et fou de rancœur envers le bourreau qui l’a torturé pendant des années pour un show télé. L’auteur, dans un style grinçant, met en cause l’exploitation horrible des animaux et les séquelles qu’elle peut provoquer.

« Manger les rêves » est un conte d’inspiration nippone qui met en scène une créature du folklore japonais, le Baku, qui se nourrit des rêves. J’ai surtout aimé l’écriture poétique de cet auteur connu dans le milieu du jeu de rôle.

« τρ » est l’odyssée moderne délirante d’un homme-taureau. M. Lambert appelle le Dr Duflot en urgence pour un vêlage. Sa vache Pasiphaé a des problèmes pour mettre bas. Aidé par Lambert, le vétérinaire parvient enfin à extraire le veau, ou plutôt l’enfant-veau puisque le petit possède un corps de garçon avec un visage bovin. On assistera ensuite à l’évolution de Thor, mi-homme, mi-taureau mais qui ne sera ni humain ni bête et donc rejeté de toutes parts une bonne partie de son existence. J’ai particulièrement apprécié cette longue nouvelle à l’ironie tragique mais pleine d’humour, de jeux de mots et de références mythologiques.

Vous l’aurez compris, Sales Bêtes et ses auteurs sont à découvrir de toute urgence !

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4 Réponses to “Bêtes humaines”

  1. Vinze janvier 1, 2014 à 11:44 #

    Pour info, « manger les rêves » est de Romain d’Huissier, Xavier Deiber en est l’illustrateur 😉
    Merci pour ce retour 🙂

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  1. Apocalypses now ! | Les lectures de Naurile - février 5, 2014

    […] tout le recueil et vous recommande de vous le procurer ainsi que Sales Bêtes, chroniqué ici, pour aider cette jeune maison d’édition […]

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  2. "Ici, tout le monde est fou" | Les lectures de Naurile - mars 29, 2014

    […] Sales Bêtes ! et Fin(s) du Monde, les Editions des Artistes Fous nous offrent une fois de plus une anthologie […]

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