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Fait-divers

13 Nov

Aujourd’hui, c’est d’un polar qui sort un peu de l’ordinaire dont je vais vous parler qui est paru aux éditions L’âge d’homme.

De fiel et de fleurs, Guy Y. Chevalley

de-fiel-et-de-fleursDébut du vingtième siècle. Monsieur et Madame Doudieux coulent une vie paisible de bons bourgeois. Monsieur tient son affaire de façon fort rigoureuse, ce qui lui vaut le succès mais aussi l’animosité de ses rivaux. Madame, quant à elle, profite de sa situation pour goûter aux bonheurs futiles de l’existence. Tout serait parfait dans le meilleur des mondes si Madame n’était pas tombé un jour sur une lettre anonyme en ouvrant le courrier. Le message incite son mari à l’empoisonner ! Elle ne le sait pas, mais ce dernier a déjà reçu de nombreuses missives de la sorte par le passé. Une ombre vient planer sur le ménage mais bien vite, tout rentre dans l’ordre. Jusqu’au jour où un célèbre ténor belge, suite à un malaise, décide de passer la nuit chez eux pour se reposer. Le malheureux ne sortira pas vivant de la demeure… Quelques temps plus tard, M. Doudieux se remémore une histoire qu’il avait eu avant de rencontrer sa femme.

Aussi fou que cela puisse paraître, cette histoire est tirée de faits réels. L’auteur nous raconte avec une ironie finement mordante comment un couple de bourgeois échappe à plusieurs tentatives d’empoisonnement de la part d’une ancienne conquête du mari alors qu’un artiste qui va passer une nuit chez eux de façon totalement hasardeuse succombera à l’absorption de médicaments empoisonnés. La réalité dépasse souvent la fiction, c’est le cas de ce fait-divers ! Qu’un couple ne se soit pas affolé outre mesure de recevoir des lettres d’un corbeau et des cadeaux empoisonnés est hallucinant ! Si l’intrigue est excellente, la mise en récit ne l’est pas moins et Guy Y. Chevalley retrace l’histoire d’une façon fort agréable, ménageant le suspens comme dans un roman feuilleton. L’ironie, présente par petites touches, fait sourire mais laisse également le lecteur réfléchir sur la société de l’époque en évoquant les thèmes du mariage et du célibat, de la classe bourgeoise et de la classe ouvrière, de la frivolité et du désespoir, et de la place de la femme. Un court roman à savourer avec une bonne tasse de thé au coin du feu. Coup de cœur !

Sisyphe

10 Nov

Un petit thriller, ça faisait longtemps ! Celui-ci vient tout juste de paraître aux éditions du Seuil.

Un autre jour, Valentin Musso

un-autre-jourAdam Chapman, architecte, la quarantaine, se réveille angoissé. Il a un mauvais pressentiment. Sa femme, Claire, est partie en week-end chez ses parents. Sans trop savoir pourquoi, il est persuadé qu’il lui est arrivé quelque chose. Il tente de l’appeler sur son portable, en vain. Un peu plus tard, c’est à son tour de recevoir un appel. Il ne reverra plus jamais Claire… D’un coup sa vie entière bascule et se transforme en cauchemar. En fait, peut-être que tout cela n’est qu’un très mauvais rêve. Peut-on vraiment toujours être sûr de la réalité du monde qui nous entoure ?

Voilà un thriller psychologique extrêmement bien mené, qui joue avec les nerfs du lecteur. Ce n’est vraiment que dans les dernières pages que nous comprenons le « truc » si je puis m’exprimer ainsi car il s’agit quasiment d’un tour de prestidigitation. En gros, il faut s’imaginer le fameux Jour de la marmotte dans le film Un jour sans fin avec Bill Murray. Version angoissante et macabre. A posteriori, on se souvient des indices laissés tout au long du récit. J’ai apprécié le côté psychologique, la manière dont l’auteur nous met le doute sur ce qu’il s’est vraiment passé ou non, si tout n’était qu’un rêve ou pas, si le protagoniste est victime d’une machination, fou ou que sais-je… Très franchement, j’ai passé un très bon moment de lecture grâce à ce roman de Valentin Musso vraiment bien construit et rythmé à la perfection.

France très profonde

3 Oct

Aujourd’hui sort ce bon polar bourré d’humour noir aux éditions du Seuil.

Ah, les braves gens !, Franz Bartelt

ah-les-braves-gensQuand Julius Dump, écrivain de son état, arrive à Puffigny au volant d’une vieille cadillac jaune citron, il ne s’attend pas à ce que ce bled très paumé où il ne se passe jamais rien recèle autant de mystères. Alors qu’il est à la recherche d’un tableau jadis volé par son père et un certain Nadereau qui l’aurait conservé et se cacherait dans le petit village, notre protagoniste découvre éberlué les habitants hauts en couleur, aux mœurs plus ou moins étranges. Très rapidement, il engage Helnoute Ballo pour l’aider dans sa quête. Mais dans ce patelin perdu où les gens sont connus pour être plus menteurs les uns que les autres, pas simple de trouver une piste valable.

Ce polar énigmatique est une petite pépite d’humour noir, grinçant à souhait, porté par des personnages bien gratinés. Par certains aspects, Puffigny m’a rappelé le villâge de L’Arrache-cœur de Boris Vian, avec sa célèbre foire aux vieux. A Puffigny, rien ne se passe comme ailleurs et du coup c’est le cadre parfait pour écrire un roman. C’est justement ce que va faire notre personnage principal. Et hop ! Une jolie mise en abîme ! Si vous cherchez un roman qui sort un peu de l’ordinaire, avoir le sourire aux lèvres pendant près de 300 pages, n’hésitez pas !

Un jour son prince viendra…

26 Juin

J’enchaîne les polars ces derniers temps et j’adore ça ! Celui que je vais vous présenter aujourd’hui est une véritable pépite. Par contre, je vous préviens, si vous cherchez une lecture « facile », sans trop de prise de tête pour emporter sur la plage, passez votre chemin. Mais pour les amateurs d’intrigues retorses, ce roman est parfait. J’en profite pour remercier vivement les éditions du Seuil et particulièrement l’équipe de la collection Cadre noir pour leur confiance renouvelée et ce voyage en terres nippones que j’affectionne tant. Merci également à l’auteure pour sa jolie dédicace.

A l’ombre de l’eau, Maïko Kato

41e49w5fvvl._sx195_2014. Tokyo. Un banquier est retrouvé pendu chez lui. Le capitaine Seiji Hiraï soupçonne un lycéen, Hayato Hisaïshi. Mais sans preuve concrète, il ne peut prouver le meurtre.

La même année, la jeune Emi Yasukawa, née d’un père japonais et d’une mère anglaise, se fait violemment harceler par une camarade et sa bande au lycée en raison de son métissage. A bout, elle noue un pacte avec un puissant yakusa afin de retrouver sa tranquillité.

2019. Des cadavres de femmes sont retrouvés. De mystérieux messages codés les accompagnent. Le capitaine Yoshida et son lieutenant Kanda sont chargés de l’enquête. Tout les ramène à Hayato qui, après s’être prostitué, est devenu un hôte coté dans un célèbre club du quartier rouge de Shinjuku. Emi, quant à elle, a intégré une grande entreprise mais est toujours malmenée en raison de ses origines. Sa vie au bureau peu reluisante va basculer le jour de l’arrivée de Matsuï, nouveau directeur général, qui semble en savoir beaucoup sur son passé. Bientôt, les chemins de Hayato et Emi se croiseront.

Comme vous pouvez le constater, l’intrigue est complexe, les personnages nombreux. Et encore, je n’ai évoqué qu’une infime partie d’entre eux. Pour tout vous dire, j’étais un peu perdue au début de ma lecture. Ce n’est qu’en arrivant à la fin du livre que j’ai découvert une liste des personnages ! C’est la première fois que je vois ça dans un livre. Mais avec 36 noms différents – et encore, il me semble qu’un d’entre eux a été omis – on en comprend la raison. Une fois lancée, par contre, impossible de m’arrêter. J’ai plongé tête la première dans l’ambiance des quartiers chauds de Tokyo. Grâce à l’alternance des points de vue à chaque chapitre, on pénètre vraiment dans la psychologie des personnages ce qui nous permet de cerner au mieux les nœuds de l’intrigue. Outre l’enquête, ce roman offre une analyse de la société japonaise dans laquelle le travail rigoureux dans les grandes entreprises côtoie le relâchement total dans des clubs hot à l’aide de toujours plus d’alcool. Le tout est d’un réalisme sans conteste. Il faut dire que l’auteure a réalisé une enquête auprès d’hôtes de Kabukicho et s’est inspirée de son expérience de stagiaire au sein du plus gros groupe de communication du Japon. Le sujet est donc parfaitement maîtrisé et permet une véritable immersion pour le lecteur. Coup de cœur !

Sombre été pour la ville rose

21 Juin

C’est avec plaisir que je vous présente aujourd’hui les éditions du Petit Pavé qui m’étaient totalement inconnues jusqu’ici et qui m’ont gentiment fait parvenir ce polar.

Un ange passe, Michel Stéphane

un_ange_passe_stephane_michelNous sommes à la fin des années 90. Une époque où ni le téléphone portable, ni internet, ni les recherches ADN ne sont encore démocratisés. Une autre époque en somme. Surtout dans la police. La capitaine au sang chaud, Ange Carminetti, est sur les nerfs. Un tuer en série sévit sur Toulouse. Déjà trois femmes retrouvées mortes après avoir été violées. Et pas la moitié d’une piste. De quoi être sacrément en colère. En parallèle, elle se prend d’affection pour un enfant esseulé. Alors, quand se dernier se fait agresser par un pédophile supposé, la jeune corse voit rouge…

J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce polar « à l’ancienne ». On est loin des « experts » en tout genre avec ce retour en 1997 qui ne nous rajeunit pas ! A se demander comment nous faisions sans toutes ces technologies omniprésentes aujourd’hui. Au départ, j’ai eu un peu de mal avec les digressions du narrateur. Mais une fois les codes de l’auteur acceptés – digressions souvent humoristiques, qui permettent d’en apprendre davantage sur chaque personnage haut en couleur, on imagine aussi un accent du sud – on se prend au jeu. Un roman plaisant donc, avec un rebondissement final auquel on ne s’attend pas.

Le cri du silence

1 Avr

Pour commencer la semaine, je vous emmène en Italie avec ce polar qui vient de paraître aux éditions le Seuil.

Comment nous dire adieu, Marcello Fois

cvt_comment-nous-dire-adieu_9189Dans le Tyrol italien, à Bolzano, Michele, un enfant de onze ans, disparaît mystérieusement. Un prêtre, qui a trouvé ses parents au bord d’une route en train de le rechercher, a prévenu la gendarmerie. Le commissaire Striggio va être chargé de l’enquête en partenariat avec la plantureuse Elisabetta Menetti. Très peu de pistes se présentent à eux et le profil psychologique du petit disparu renvoie Striggio à sa propre enfance. Lui aussi était un de ces gamins dont l’on dit qu’ils sont « particuliers », c’est-à-dire précoces. Son enfance lui remonte d’autant plus à l’esprit que son père vient de débarquer à Bolzano. Striggio pensait en profiter pour lui révéler son homosexualité. En effet, il s’est installé quelques années plus tôt dans cette petite ville pour vivre son amour au grand jour avec Leo, un bel instituteur. Mais alors qu’il est sur le point de lui annoncer la nouvelle, son père lui avoue être gravement malade. Il se trouve subitement confronté à ses fantômes et va tenter, tout en menant l’enquête, d’accompagner ce père qu’il a longtemps affronté dans ses derniers instants.

Voilà un excellent polar, basé sur l’intime et les secrets de famille, où tout est sous-entendu. La langue est belle, presque poétique notamment dans les descriptions des paysages de neige, ou de ces vents quasi fantastiques. Présent et passé s’entremêlent brillamment, ce qui permet au lecteur de découvrir les personnages en profondeur. J’ai beaucoup apprécié, la délicatesse, le tact avec lesquels sont abordés des sujets difficiles et cet art de l’auteur de narrer l’indicible sans jamais l’écrire. Un roman à découvrir pour les amateurs de polar, de belle langue et d’Italie.

Cold Case à L.A.

17 Mar

Bonjour à tous ! Voilà un bon moment que je n’ai rien publié sur le blog car je manque cruellement de temps pour lire ! Enfin, c’est pour la bonne cause : un petit Jules de 5 mois 1/2 qui déborde d’énergie ! En ce dimanche bien morne, je ne vous présente pas une nouveauté mais un bon polar que mon cher et tendre m’avait offert l’été dernier.

Mariachi Plaza, Michael Connelly

9782253086376-001-tL’inspecteur Bosch arrive en fin de carrière et l’on juge bon de lui coller une jeune équipière, Lucia Soto, afin qu’il lui enseigne toutes les ficelles du métier. Affecté aux « affaires classées » depuis quelques temps, le job n’a plus aucun secret pour le flic expérimenté. Une enquête peu commune est confiée au duo. Un mariachi, Orlando Merced, vient de succomber à une blessure par balle dix ans après s’être fait tirer dessus. Pour seul indice : la fameuse balle retrouvée dans son corps. Pour compliquer la tâche, la jeune recrue ne semble pas avoir la tête complètement à l’enquête. Et pour cause, elle travaille en secret sur un dossier qui lui est très personnel. Lorsque Bosch le découvre, il décide de braver l’interdit et de l’aider à faire toute la lumière sur cet autre cold case afin de trouver qui était à l’origine d’un incendie meurtrier…

J’ai retrouvé avec grand plaisir la maîtrise de Connelly et son fameux inspecteur Bosch. J’avoue que j’ai eu du mal à me plonger dans l’action. J’ai trouvé que l’intrigue était un peu longue à se mettre en place. Mais sans doute que mon rythme de lecture très lent et entrecoupé n’a pas aidé à me plonger dans le polar. La seconde partie du livre m’a paru plus palpitante, bien plus rythmée. Mêlant magouilles politico-financières et règlements de compte, l’auteur fait une nouvelle fois montre de son talent et de ses connaissances du milieu. Bien plus axé sur les enquêtes que sur la psychologie de nos protagonistes, ce roman plaira aux amateurs du genre. Pour ma part, je reste un peu mitigée par rapport aux précédents épisodes de la série Bosch.

Mafia latina

4 Oct

Avant toute chose, je tiens à remercier les éditions du Seuil pour leur confiance renouvelée qui me permets de vous présenter cette nouveauté.

Lola, cheffe de gang, Melissa Scrivner Love

137521_couverture_hres_0Les apparences sont parfois trompeuses. C’est le cas de Lola, une charmante et frêle jeune femme, compagne de Garcia, le chef des Crenshaw Six, un petit gang de la banlieue de Los Angeles. Sauf que la réalité n’est pas celle que l’on croit. C’est Lola, en fait, qui dirige, dans l’ombre mais d’une main de fer, les cinq gros bras qui l’entourent. C’est elle le cerveau. Mais si elle sait parfaitement se faire respecter au sein de son petit groupe, elle voudrait maintenant se faire un nom dans le milieu de la drogue. Cela sera sans doute bientôt le cas puisqu’elle va être amenée à négocier avec le cartel et un autre gros narco-trafiquant. Parviendra-t-elle à tirer son épingle de jeu sans y laisser la vie ? Réussira-t-elle à s’imposer en tant que femme et latina dans ce milieu ultra-machiste ?

J’avoue qu’à la réception du livre, je suis restée perplexe en découvrant le titre et la couverture qui ne m’inspiraient pas vraiment. J’ai néanmoins été agréablement surprise par l’intrigue de ce roman que j’ai dévoré en quelques jours à peine. Pour une fois, nous ne sommes pas du côté des forces de l’ordre mais des bandits. Si le rythme est celui d’un thriller avec des ultimatum, des vengeances et des situations cornéliennes, la psychologie des personnages n’en est pas pour autant oubliée et j’ai apprécié que le protagoniste soit une femme. Une femme forte qui présente aussi ses failles, qui ne se laisse pas abaisser au rang de belle plante verte qui lui était destiné, qui sous ses airs de garçon manqué se pose la question de la maternité et qui gère du mieux qu’elle peut ses blessures d’enfance. Sans aller jusqu’à dire qu’il s’agit d’un thriller féministe, ce roman qui met en avant la cheffe d’un gang sort un peu des sentiers battus et c’est tant mieux ! S’il s’agit d’un premier roman, Melissa Scrivner Love n’en est pas à son coup d’essai puisqu’elle est scénariste pour Les Experts et Person of Interest. Et quand je vous dis qu’il s’agit d’une nouveauté, on ne peut pas faire plus récent puisque le lire sort aujourd’hui même en librairie !

« Argent, trop cher ! »

5 Sep

Merci à mon chéri qui m’a offert le livre que je vais vous présenter aujourd’hui.

Les salauds devront payer, Emmanuel Grand

9782253086079-001-tNord de la France. La jeune Pauline est retrouvée morte dans un terrain vague. Quelques jours avant, des usuriers aux méthodes pour le moins musclées étaient venus la menacer si elle ne payait pas les traites d’un emprunt contracté quelques mois plus tôt. Hé oui, dans cette région sinistrée où le chômage atteint des records et où les jeunes se partagent entre jobs sous-payés et trafic de drogues, nombreux sont ceux qui succombent aux mirages de l’argent facile des prêts à la consommation. Peu, par contre, se rendent compte de leurs taux exorbitants. Et quand le piège se referme, impossible d’en sortir… Après ce meurtre, tout accuse donc les usuriers. Mais bientôt, d’autres crimes seront commis et le commandant Eric Buchmeyer pense que quelque chose de bien plus profond se cache derrière.

Si j’avoue avoir été un peu déstabilisée par le début du roman – scènes de la guerre d’Indochine puis d’Algérie – qui n’avaient pas grand chose à voir a priori avec le propos du roman, j’ai très vite accroché à l’écriture sans concession d’Emmanuel Grand et à ce que je nommerais ce polar social. En effet, l’auteur nous plonge avec brio dans l’atmosphère aussi austère que chaleureuse du Nord de la France et parvient à dresser un tableau juste des problèmes sociétaux de cette région sans tomber dans le misérabilisme. Ce décor étant dressé, l’intrigue policière est captivante, pleine de rebondissements jusqu’à la toute fin du roman. On comprend au fil des pages la présence du chapitre initial se rapportant aux guerres passées et on est très rapidement absorbé par cette histoire de vengeance pour le moins tordue. A découvrir d’urgence pour les amateurs du genre d’autant que vous pouvez vous le procurer en format poche.

« Heureux qui comme Ulysse… »

3 Sep

C’est la rentrée ! J’en profite pour vous présenter un roman qui traite essentiellement de l’enfance et donc de l’école. On ne saurait faire plus d’actualité ! Merci aux éditions Bergame pour leur confiance renouvelée, qui m’ont fait le plaisir de m’envoyer cette nouveauté.

L’improbable Ulysse – Tome 1, L’Enfance, William Bocq

9782372861724Une bien étrange scène de crime s’offre au commissaire.  Apparemment, tout porte à croire qu’il y a eu un acte de violence dans l’atelier du célèbre peintre Ulysse Blanchard car de nombreux tableaux sont éparpillés dans l’atelier et l’artiste est introuvable. Sauf qu’aucun indice ne prouve l’enlèvement, le meurtre ou le suicide. L’enquêteur, perplexe, tente de trouver des pistes, notamment dans la vie sentimentale tortueuse du peintre…

En parallèle de l’enquête qui n’est en fait ici que très secondaire, la narration porte sur la vie du disparu, de sa naissance au début de l’âge adulte. Fils d’un gendarme et d’une institutrice vivant dans un petit village non loin d’Annecy, le jeune Ulysse doit se confronter au monde qui l’entoure. Avec ses copains d’enfance, il vivra de nombreuses aventures plus ou moins périlleuses et connaîtra ses premiers émois tout en menant ses études à bien.

Dans ce premier tome, William Bocq se consacre donc à la prime jeunesse du héros disparu qui devient paradoxalement le personnage principal du roman. On assiste à l’évolution du personnage dans un récit qui s’apparente davantage à un roman d’apprentissage qu’à un polar. On sourit à l’évocation des bêtises enfantines et on prend plaisir à voir évoluer le héros, à le suivre dans ses choix comme dans ses incertitudes. L’auteur parvient donc à dessiner un portrait très complet de son personnage et de son proche entourage. Je reste par contre sur ma fin concernant la partie enquête qui ne progresse quasiment pas dans ce tome. Hâte donc de découvrir la suite !