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Tous pour un !

Je vous apporte un peu de légèreté pour aborder cet été 2020 avec le sourire grâce à ce roman récemment paru chez Robert Laffont.

Ces petits riens qui nous animent, Claire Norton

9782221247112oriAude vient de passer la quarantaine lorsque sa vie bien rangée bascule. Voilà des années qu’elle est mariée à Xavier avec lequel elle est associée. Trop concentrés sur leur réussite professionnelle, ils n’ont jamais pris le temps d’avoir un enfant, et leur couple a traversé les années, bercé par la routine. Un jour, en rentrant récupérer un dossier chez eux, Aude surprend son mari au lit avec une jeune collègue. Dévastée, elle perd toute estime d’elle-même. L’errance qui suit cette découverte la conduit au parc des Buttes-Chaumont. C’est là qu’elle découvre une adolescente sur le point de sauter d’un pont. Deux jeunes hommes assistent aussi à la scène. Alexandre qui doit choisir entre l’amour de sa vie, Dimitri, ou son père qui réprouve son attirance pour les hommes, et Nicolas qui s’inquiète que son frère ait annulé leur rendez-vous. Afin de sauver Charlène, ils vont lui promettre de l’aider à accomplir sa quête. Ces quatre-là ne se connaissent pas encore mais s’apprêtent à vivre une grande aventure ensemble et nul doute que leur vie en sera profondément bouleversée…

« Alexandre, Aude et Charlène remontaient côte à côte l’allée de la Cascade et Nicolas, à la traîne, fermait la marche. S’être engagé dans une telle promesse était une folie. […] Existait-il une autre option ? Ils s’étaient trouvés là par hasard, unis par la seule nécessité d’empêcher à tout prix cette gamine de sauter. Il soupira. Peut-être que cette rencontre étrange et improbable n’était en fait pas un hasard… »

Dès les premières pages, Claire Norton entraîne son lecteur dans cette folle aventure qui va réunir des êtres que, a priori, tout semble opposer. Les personnages sont attachants avec leurs qualités, leurs tocs et leurs défauts, chacun portant les blessures d’un passé plus ou moins proche. Les pages se tournent s’en qu’on l’on y prenne garde tant le rythme est soutenu aussi bien grâce aux rebondissements de l’intrigue qu’à l’humour et à la narration pluri-focale qui permet de nous donner à chaque instant le point de vue de tous les protagonistes. L’autrice nous offre donc un vrai roman choral qui porte haut les valeurs de l’amitié. Mais davantage que cela, ce livre nous montre que rien n’est jamais totalement écrit dans la vie, que même lorsque pense que l’on est incapable de changer, englué dans un quotidien certes monotone mais rassurant, on peut choisir de sortir du moule et de mener son existence telle qu’on la souhaite vraiment.  Seuls bémols pour moi, des dialogues peut-être parfois un peu trop écrits et un dénouement auquel je m’attendais dès le deuxième chapitre mais qui ne pas empêcher de profiter de la lecture. Vous l’aurez compris, tous les codes du roman feel good sont réunis pour que vous passiez un moment agréable. Si vous cherchez un roman pour vous détendre cet été, celui-ci sera parfait !

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Vamos a la playa !

Bonjour ! Le soleil n’est plus très au rendez-vous ses derniers mais je vais essayer de le faire revenir avec le roman du jour ! Aujourd’hui, je vous propose une lecture rafraîchissante qui vous conduira jusqu’au Brésil… A découvrir chez Hugo Roman.

Tropical Palace, Alicia Werner

41bqe18zxpl._sy346_Jill est chef de réception d’un palace parisien, le Royal Breteuil. C’est le poste dont elle a toujours rêvé et l’obtenir à 28 ans à peine était inespéré. Oui mais voilà, depuis qu’elle occupe cette fonction, sa vie personnelle est quasiment réduite à néant. A peine le temps de retrouver ses copines pour dîner une fois par semaines et de se rendre aux répétitions de son groupe de rock. Niveau sentimental, c’est le désert. Jusque là, elle s’en accommodait car elle s’éclatait au boulot, mais depuis quelques temps, le moral n’est plus vraiment là. Les caprices aussi démesurés qu’incessants des riches clients de l’hôtel commencent à plus que l’agacer et le manque de considération de ses supérieurs ne vient pas arranger les choses. La crise mystique de sa mère, aussi amusante soit-elle, n’est pas là non plus pour la rassurer sur l’avenir. Il est grand temps pour elle de faire un break ! Ce sera bientôt chose faite grâce à ses copines Emma et Nour qui vont organiser un petit voyage au Brésil entre amie. De quoi déconnecter et, pourquoi pas, trouver l’amour…

« Il m’a fallu tenir compagnie à la Devallon-Bailly jusqu’à son coucher. Son mari s’est absenté seulement pendant le temps d’un dîner d’affaires mais, visiblement, la perspective de rester seule pendant trois heures a paru insurmontable à la Suissesse. […] Après l’avoir laissée étendue sur son lit en pyjama de soie crème, un masque de nuit sur les yeux, ses chiens endormis de part et d’autre de son oreiller, j’ai enfin eu le droit de retourner aux miettes de ma vie privée. »

Je me suis totalement laissée porter par ce roman qui tient ses promesses : nous divertir et nous donner le sourire. On s’attache très rapidement à la protagoniste, une jeune parisienne déjà au bout du rouleau malgré son jeune âge. En quête de sens dans sa vie professionnelle aussi bien que dans sa vie personnelle, Jill est une jeune femme comme les autres et c’est pour cela que l’on peut s’identifier facilement à elle. Nous avons ici tous les ingrédients du roman feel good avec la volonté de changer de vie, de la romance, de l’humour, une dose de développement personnel, le dépaysement dans un endroit paradisiaque et des chapitres très courts qui permettent une lecture fluide. Une chose est sûre, le cocktail fonctionne à merveille et nul doute que ce roman trouvera sa place dans votre sac de plage cet été !

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Le gang des retraités

Bonjour ! Aujourd’hui, je vous présente un roman « feel good », histoire de vous donner le moral pour attaquer, je l’espère, la dernière ligne droite du confinement. Merci à Cécile pour ce cadeau. Ce roman est paru en début d’année chez Fayard.

Quand nos souvenirs viendront danser, Virginie Grimaldi

41jvqmk4irl._sx314_bo1204203200_Marceline et son mari Anatole ont emménagé impasse des Colibris il y a plus de soixante ans. Ils avaient tout juste vingt ans et la vie devant eux. Leur existence s’est écoulée aux côtés de celle de leurs voisins. Des joies et des peines, des enfants qui naissent, jouent ensemble puis s’en vont, parfois sans plus donner de nouvelles. Les six derniers habitants de l’impasse ont plus de quatre-vingt ans. Proches dans leur jeunesse, ils se sont peu à peu séparés, au fur que les haies et les broutilles poussaient entre les habitations. Mais les octogénaires vont bientôt devoir se rapprocher. En effet, le maire de la commune – qui est né et a grandi dans l’impasse – veut faire raser les maisons pour construire une nouvelle école. Pas questions pour nos retraités de se faire éjecter. Ils sont bien décidés à mener la guerre pour terminer leurs jours tranquillement chez eux. Ni une ni deux, malgré de vieilles dissensions, le groupe des Octogéniaux est formé et prêt à passer à l’attaque.

« […] chacun a dû réfléchir à un moyen efficace de faire céder la mairie. Les membres du groupe étant des personnes mesurées et raisonnables, les idées le sont tout autant. Gustave propose une petite grève de la faim. Joséphine veut juste monter en haut d’une grue. Rosalie envisage tout simplement de séquestrer le maire. Marius, sensible, préfère enlever les enfants du maire. Je me tourne vers Anatole en quête de réconfort. L’œil pétillant, mon cher époux propose d’investir le plateau d’une émission télévisée en direct. J’ajoute mentalement du cyanure à la liste des courses. Rosalie, qui a manifestement confondu son rouge à lèvres avec sa brosse à dents, me demande si j’ai une idée. Tous les regards convergent vers moi. Je songe à proposer un suicide collectif, mais ils sont capables d’approuver. »

C’est la première fois que je lis cette autrice et je n’ai pas été déçue. Je ne suis pas une grande adepte de littérature « feel good » mais de temps en temps, quand c’est bien écrit, c’est plaisant. Et en ces temps anxiogènes, ce livre tombait à pic. J’ai passé un très bon moment de lecture. J’ai dévoré ce roman en moins de trois jours ce qui est un véritable exploit pour moi ! Les personnages sont attachants et la construction narrative efficace avec l’alternance entre des chapitres narrant le temps présent et ceux revenant sur le passé de la narratrice, Marceline. Au fur et à mesure, on comprend comment les liens se sont faits puis défaits entre ces voisins et comment la protagoniste est passée d’une jeune fille timide et soumise à son époux à une femme épanouie n’ayant pas sa langue dans sa poche. Outre le récit d’un combat pour faire respecter le souvenir de chacun, ce roman est celui d’une grande histoire d’amour entre la narratrice et son mari. Émotion et humour cohabitent parfaitement et Grimaldi prouve que le temps qui passe n’est pas forcément signe de déclin. Ce livre est une ode à l’amitié et à la vie. Si vous recherchez une lecture douce qui vous donne le sourire, n’hésitez pas !

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L’empereur contre-attaque !

Bonjour à tous ! C’est avec plaisir que je vous propose aujourd’hui une bonne dose d’humour et de rigolade avec ce roman à prendre au trente-sixième degré ! Si vous aviez aimé L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa, alors vous allez adorer combattre les djihadistes avec ce bon vieux Napy !

Re-Vive l’Empereur !, Romain Puértolas

9782253069522-001-tLe commandant d’un chalutier norvégien chargé de pêcher pour la célèbre marque de bâtonnets de poissons panés Findus n’en revient pas. Pas commun en effet de prendre dans ses filets deux énormes caisses en bois contenant un homme et un cheval ! Voilà qu’au milieu des cabillauds se trouvent Napoléon et son fidèle destrier bien conservés par les eaux glaciales islandaises. Remis du choc, le pêcheur contacte le professeur Bartoli, président de la CGT – Confédération des Grognards Tristes, à ne pas confondre avec le syndicat. Le norvégien doit accompagner l’empereur à Paris où il retrouvera le corse chargé de le ramener sur son île natale afin qu’il puisse profiter d’une retraite bien méritée. Evidemment, rien ne va se dérouler comme prévu.

Bonaparte se trouve confronté au XXIème siècle de plein fouet. Heureusement, comme il est un homme intelligent, il comprend rapidement les évolutions de la société. Très vite, il prend connaissance d’un drame qui vient de frapper ses compatriotes. Un attentat vient d’être commis au journal L’Echo des Charlots. Quatorze caricaturistes ont été sauvagement assassinés par des djihadistes. Bartoli l’instruit de la terrible problématique islamiste et de la terreur qui règne depuis plusieurs années dans tous les pays occidentaux. Ni une ni deux, Napoléon décide de partir en guerre contre Al-Qaïda, du moins contre son chef, Mohamed Mohamed, dit l’Ours de Mossoul. Vont s’en suivre de nombreuses et loufoques péripéties de la constitution d’une nouvelle petite grande armée en passant par la recherche de ses descendants et le plan de bataille visant à détruire l’Etat Islamique sans faire de morts. Autant dire que le plus grand chef des armées que la France ait connu n’est pas prêt de se la couler douce sur son île de beauté !

C’est avec joie que j’avais découvert la présence de Romain Puértolas au salon Livres en Vignes à Vougeot en septembre dernier. Pas vraiment le temps de discuter avec l’auteur en raison de la foule et d’un petit garçon qui s’impatientait dans le porte-bébé mais juste assez pour m’offrir ce livre de poche et une petite dédicace. Autant vous le dire tout de suite, il faut aimer le second degré et accepter directement les codes de ce roman totalement loufoque c’est-à-dire ne pas se poser de question quant à la probabilité du retour de Napoléon dans notre époque contemporaine. Il faut aimer aussi se moquer de tout parce que tout le monde en prend pour son grade : Hollande, Sarko, les gens qui marchent dans la rue les yeux fixés sur leur portable, les gros riches, les psys, les gros, les fous, les catholiques et surtout les islamistes, entre autres ! L’auteur nous offre un regard totalement décalé mais extrêmement juste sur notre société, nous offre à réfléchir sur notre mode de vie, sur notre façon d’être, nos engagements au quotidien et sur la force parfois insoupçonnée qui réside en chacun de nous. On pourrait appliquer la célèbre maxime de Molière, « castigat ridendo mores », à ce roman qui utilise le rire comme arme contre la bêtise humaine. Je ne regrette pas une seconde d’avoir porté mon choix sur ce roman bourré d’humour, de références à notre vie contemporaine et qui mêle sérieux et drôlerie à la perfection. Pour couronner le tout, les chapitres courts s’enchaînent à une vitesse folle et l’on apprend pas mal de détails sur le vie de Napoléon et que l’on soit amateur de l’homme ou pas, c’est très intéressant. Bref, coup de cœur pour ce roman disponible en livre de poche.

 

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France très profonde

Aujourd’hui sort ce bon polar bourré d’humour noir aux éditions du Seuil.

Ah, les braves gens !, Franz Bartelt

ah-les-braves-gensQuand Julius Dump, écrivain de son état, arrive à Puffigny au volant d’une vieille cadillac jaune citron, il ne s’attend pas à ce que ce bled très paumé où il ne se passe jamais rien recèle autant de mystères. Alors qu’il est à la recherche d’un tableau jadis volé par son père et un certain Nadereau qui l’aurait conservé et se cacherait dans le petit village, notre protagoniste découvre éberlué les habitants hauts en couleur, aux mœurs plus ou moins étranges. Très rapidement, il engage Helnoute Ballo pour l’aider dans sa quête. Mais dans ce patelin perdu où les gens sont connus pour être plus menteurs les uns que les autres, pas simple de trouver une piste valable.

Ce polar énigmatique est une petite pépite d’humour noir, grinçant à souhait, porté par des personnages bien gratinés. Par certains aspects, Puffigny m’a rappelé le villâge de L’Arrache-cœur de Boris Vian, avec sa célèbre foire aux vieux. A Puffigny, rien ne se passe comme ailleurs et du coup c’est le cadre parfait pour écrire un roman. C’est justement ce que va faire notre personnage principal. Et hop ! Une jolie mise en abîme ! Si vous cherchez un roman qui sort un peu de l’ordinaire, avoir le sourire aux lèvres pendant près de 300 pages, n’hésitez pas !

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Ado’ptée

C’est avec plaisir que je découvre avec vous la maison d’édition jeunesse Slalom que je ne connaissais pas jusqu’à présent et qui m’a fait la gentillesse de me confier une de leurs nouveautés.

Aurore, Jérémie Kisling

9782375540480oriAurore est une ado de 15 ans tout ce qu’il y a de plus ado. Pas très à l’aise dans son corps, les émotions à vif mais bien entourée par ses parents et sa petite sœur. Elle mène sa petite vie tout à fait normalement jusqu’au jour où elle surprend une discussion entre ses parents et comprend qu’elle a été adoptée. Le monde semble alors s’écrouler autour d’elle. Ses repères volent en éclats et en veut à l’univers entier, et surtout à ses « faux » parents. C’est alors qu’elle va croiser le chemin de Sliman, un jeune migrant. A ses côtés, elle va partir en quête de ses racines…

Voilà un roman qui se dévore ! Le rythme est soutenu et la fraîcheur de l’écriture ravira les jeunes adolescent auxquels le livre s’adresse. Entre journal intime, roman d’aventure et roman d’apprentissage, l’histoire ne manque pas d’humour avec les apartés d’Aurore, directement adressés au lecteur et les nombreux jeux de langage qui parsèment le texte : « Bon, allez, c’est la fin des cours, vous me suivez ? On rentre à la maison. Mais traînez pas trop, je mords de faim. (Un autre de mes penchants, c’est de jouer avec les mots. Si ça vous embêtes, vous me dites, mais bon, c’est mon livre un peu quand même). » L’auteur, qui est à la base chanteur-auteur-compositeur (et qui a d’ailleurs spécialement composé une chanson pour Aurore, à écouter grâce à un QR Code à la fin du livre), parvient grâce à son style original et à ses personnages attachants à délivrer plusieurs messages sur la quête d’identité, le regard de l’autre, la différence, l’acceptation de soi et le lien familial. Je suis certaine que ce livre saura séduire les jeunes collégiens. Et pour info, la jolie couverture colorée est de Zep, le célèbre papa de Titeuf !

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Hold-up littéraire

Envie d’une lecture qui vous booste pour affronter la rentrée avec le sourire ? Le roman que je vais vous présenter aujourd’hui est fait pour vous ! Dans toutes les bonnes librairies depuis la semaine dernière aux éditions Au Diable Vauvert.

Feel Good, Thomas Gunzig

thomas-gunzig-feel-goodAlice, vendeuse dans un magasin de chaussures, a toujours été « tout juste ». Jamais tout à fait pauvre, mais toujours précaire. Après la fermeture du magasin, la quarantaine passée, elle peine à retrouver du travail. La voilà à enchaîner des jobs de plus en plus avilissants et peu rémunérés. Épuisée de devoir compter chaque centime et surtout terrifiée à l’idée de se retrouver à la rue avec son fils, elle cherche désespérément un moyen de se mettre à l’abri financièrement pour quelques temps. Lui vient une idée complètement folle : enlever un bébé de riches devant une crèche aux services hors de prix pour réclamer une rançon. Mais pas de chance. Rien ne marche comme elle l’avait escompté. Personne ne réclamant l’enfant, elle se retrouve avec un bébé sur les bras, et donc une source supplémentaires de dépenses…

Le hasard met Alice sur la route de Tom, un écrivain médiocre, au chômage, récemment quitté par sa femme qui a rencontré un chirurgien. Le romancier propose à Alice d’écrire un roman à partir de son histoire de kidnapping et de partager les droits d’auteur. Mais celle-ci n’est pas convaincue de la réussite de l’entreprise et lui propose une meilleure solution : avec son aide, elle écrira un feel good utilisant toutes les ficelles qui font recette de nos jours; un best-seller qui ferait l’unanimité et se vendrait à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, qui les éloignerait pour toujours de la précarité…

Avec Feel good, Thomas Gunzig a, sans conteste, réalisé son « hold-up » littéraire. Tout à la fois pastiche de ces romans grand public qui remportent un franc succès, critique de la société et mise en abyme de l’écriture du roman lui-même, l’ouvrage est une véritable réussite. Impossible de ne pas sourire voir rire devant les situations rocambolesques dans lesquelles se mettent les personnages. Le tempo est parfait, l’humour omniprésent et on s’attache très vite aux deux personnages principaux, des gens normaux, qui galèrent mais qui refusent de se laisser complètement couler. J’ai adoré la critique du monde éditorial et littéraire, parfaitement juste (en connaissance de cause, j’y ai été confrontée). En ce qui me concerne, je ne suis pas une grande adepte des romans feel good. Mais ce livre-ci, avec son histoire de roman dans le roman, son humour et son intelligence compte parmi les ouvrages qui m’ont le plus mis de bonne humeur. Sans conteste mon plus gros coup de cœur du mois d’août et le livre qu’il vous faut pour affronter la rentrée avec le sourire !

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Sans voix

La rentrée littéraire 2019 s’annonce excellente. Je ne cache en tout cas pas mon plaisir de vous faire découvrir ce jeune et talentueux auteur mexicain. Parution de ce roman aux éditions Les Escales ce 29 août.

Les Mutations, Jorge Comensal

cvt_les-mutations_8163Ramón, cinquante ans, est un avocat reconnu et respecté. Un jour, alors qu’il fête la victoire d’un procès avec un client, il est pris d’une violente douleur à la bouche et ne peut quasiment plus parler. Bientôt, il apprend qu’il souffre d’une forme rare de cancer. La seule solution qui s’offre à lui est l’amputation de la langue. Plus qu’un attribut essentiel à la communication, Ramón va perdre son outil de travail et, avec lui, une partie de sa virilité. Afin qu’il ne sombre pas totalement dans la dépression, sa femme le convainc de prendre rendez-vous avec Teresa, une psychanalyste spécialisée dans les patients atteints de cancers et grande amatrice de cannabis thérapeutique. Sa femme de ménage, quant à elle, lui offre un perroquet pour lui tenir compagnie. L’ex-avocat se lie très vite à cet animal peu banal qui hurle des grossièretés à longueur de temps. Pendant ce temps, Aldama, le médecin en charge du cas de Ramón, est persuadé d’atteindre une renommée internationale s’il parvient à mener à bien ses recherches quant à ce cancer atypique.

J’ai pris énormément de plaisir à lire ce roman qui mêle savamment comédie et tragédie. En tant que grande amatrice d’humour noir, je ne pas été déçue, notamment par les interventions de Ramón, qui ne peu plus s’exprimer autrement par écrit ou en pensées. Pensées qui, n’étant plus passées au filtre du langage, deviennent de plus en plus tranchantes. J’ai apprécié l’effet révélateur de cette tumeur, de cette cellule infiniment petit qui va chambouler non seulement la vie du protagoniste mais aussi celle de son entourage et de ses soignants. Une fois sa capacité langagière perdue, le masque du langage disparu, Ramón va se trouver complètement bouleversé et se rapprocher comme jamais de celui qu’il est véritablement. L’écriture rythmée, vivante et moderne nous éloigne totalement du pathos. Aucune froideur non plus, les personnages sont attachants et drôles même dans la douleur. L’auteur parvient donc avec ce qui semble être une facilité déconcertante à traiter d’un sujet grave avec un humour décapant. J’adore le coup du perroquet grossier qui résume bien souvent ce que pense notre protagoniste. Alors oui, il faut aimer le côté cynique. Mais pour ma part j’adore ça ! Certains diront sans doute que rire du cancer n’est pas approprié, que ce n’est pas respecter ceux qui en souffrent et en meurent. Ce n’est pas le cas. En accompagnant notre avocat dans sa maladie, l’auteur nous offre surtout une réflexion sur la vie et l’importance d’en profiter sans se la gâcher par un quotidien souvent absurde. Coup de cœur de la rentrée !

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Chacun cherche son chien

Pour bien terminer la semaine ou commencer le week-end – au choix – je vous propose aujourd’hui un roman qui a du chien paru il y a tout juste un mois aux éditions Le Tripode.

Le chien de Madame Halberstadt, Stéphane Carlier

cvt_le-chien-de-madame-halberstadt_207Baptiste, trentenaire, est un écrivain un peu paumé. Son dernier roman ne se vend pas et sa petite amie, Maxine, vient de le quitter pour son chirurgien-dentiste. Ses seules occupations de la journée consistent à vérifier le classement de son roman dans les ventes Amazon – plus de 475 000ème – et à aller espionner son ex mener une vie apparemment idyllique dans la villa de son nouveau chéri. Au RSA, sans espoir de tirer quelconque bénéfice de son livre, notre écrivain déprime sérieusement. Pour ajouter une nouvelle couche à ses problèmes, sa voisine de palier, Madame Halberstadt, vient lui demander un service : garder son chien, un carlin dénommé Croquette, quelques jours, le temps de son opération de la cataracte. Autant dire que Baptiste n’est pas réjoui à l’idée de s’occuper du toutou obèse et à moitié asthmatique. Contre toute attente, Croquette va changer la vie de Baptiste.

Pour faire court, j’ai adoré ce roman ! On se plaît à suivre le quotidien de ce antihéros attachant, à sourire à son autodérision et à sa malchance. L’écriture de Stéphane Carlier est légère ce qui ne rend pas pour autant son roman simpliste. L’humour est omniprésent et rend bien compte de la précarité de l’écrivain (hélas, tout les auteurs n’ont pas la chance de voir leurs romans se vendre comme des petits pains !). Ce roman donne envie de croquer la vie à pleines dents, de croire que tout est possible, de se dire qu’une rencontre peut totalement bouleverser notre existence. Il se lit avec le sourire aux lèvres du début à la fin et l’on parvient à la dernière page sans s’en rendre compte et presque à regret tant on passe un bon moment. Le roman parfait pour entamer ce moi de mai avec enthousiasme. Coup de cœur printanier !

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Survivor

Un très très grand merci à l’Agence Anne et Arnaud ainsi qu’aux Editions de La Martinière qui me permettent de vous présenter ce livre aujourd’hui.

Chroniques d’une survivante, Catherine Bertrand

faf6b2c64c46164c5c651d76849c36Avant le 13 novembre 2015, Catherine Bertrand était une personne comme les autres, avec ses joies et ses tracas quotidiens. Mais tout a basculé ce soir où elle assiste au désormais tristement célèbre concert des Eagles of Death Metal au Bataclan. Dès lors, sa vie est bouleversée.

C’est ce traumatisme et la reconstruction qui va devoir se faire peu à peu que Catherine Bertrand nous raconte dans ce témoignage dessiné. De manière simple et légère, sans jamais tomber dans le pathos, elle symbolise son trauma par un gros boulet qui se rappelle à elle dans toutes les situations du quotidiens et qui l’empêche dans un premier temps de se reconnecter à la vie. L’auteure évoque de nombreuses situations compliquées : difficultés pour obtenir un soutien psychologique, pour se faire comprendre par l’entourage, les collègues, pour se rendre dans les lieux publics… avec un humour qui met à distance l’horreur des faits. Si elle dédie bien sûr son livre à tous les rescapés et victimes des attentats, elles s’adressent aussi à tous ceux qui ont subi au cours de leur existence un traumatisme violent et à leur entourage. Je ne peux que vous encourager à vous procurer ce carnet dessiné qui vient de sortir. Encore une fois, loin d’être plombant grâce à la naïveté des dessins et à l’humour de l’auteure, vous découvrirez un témoignage courageux qui donne envie d’aller de l’avant. Coup de cœur !