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Prise au piège

Aujourd’hui, je vous présente un roman jeunesse qui aborde le sujet sensible de la perversion narcissique. Il est paru le 6 février aux éditions Syros.

Je te plumerai la tête, Claire Mazard

cvt_je-te-plumerai-la-tete_3605Lilou a 16 ans au début de l’histoire. Depuis l’enfance, elle voue un véritable culte à son père au détriment de sa mère dont elle ne se sent pas du tout proche. Alors que cette dernière est en phase terminale de cancer, hospitalisée, Papa Lou conseille à sa fille de ne plus aller lui rendre visite. Mieux vaut que Lilou consacre son temps à ses révisions pour le bac de français et nul besoin de se faire du mal. La jeune fille obtempère dans un premier temps. Mais ses amis la poussent à profiter des derniers instants avec sa maman. Peu à peu, Lilou apprend à la connaître, se rapproche d’elle. Tout cela, elle le fait en cachette de son père, de plus en plus suspicieux, à l’humeur changeante. Insidieusement, il la culpabilise et dénigre celle qui partageait sa vie. Lilou découvre une nouvelle facette de ce père qu’elle admire tant et commence à se méfier…

 

J’ai véritablement dévoré ce roman – 500 pages en moins de 4 jours, ça faisait longtemps que je n’avais pas lu aussi rapidement ! Dès le départ, on est happé par l’intrigue et on tremble de voir à quel point la toile d’araignée tissée par le père de Lilou se resserre de plus en plus pour la rendre prisonnière. La psychologie des personnages principaux est finement détaillée. On ressent toute l’ambivalence de la jeune fille qui découvre peu à peu l’horrible vérité sur celui qu’elle considère comme un héros. Elle voit et comprend les choses mais ne veut pas les croire, la vérité est trop insoutenable à supporter. L’autrice parvient à transcrire les mécanismes de la perversion narcissique et de la manipulation avec brio à travers ce huis clos qui fait véritablement froid dans le dos. A ce propos, je conseille ce livre pour les ados déjà grands car j’avoue que son réalisme peut mettre mal à l’aise. Heureusement, les personnages secondaires – amis, famille (la relation mère/fille qui parvient à se tisser autour d’un amour commun pour la littérature) – permettent d’apporter une bouffée d’oxygène au lecteur en permanence sous tension. Ce suspens est renforcé par la narration. Le récit se fait à la manière d’un journal intime, au jour le jour et parfois heure par heure, transcrivant au plus près les émotions de la jeune fille. Aucun temps mort dans ce roman qui relève du thriller psychologique. Gros coup de cœur pour moi donc que je conseille pour les ados à partir de 14 ans et pour les adultes car le sujet les concerne aussi.

Pour information, les personnes perverses narcissiques présentent les symptômes suivants : absence totale de sentiment et d’empathie, orgueil démesuré, égocentrisme, charisme, capacités à charmer, mentir, manipuler, cherche à couper sa victime de son entourage et à la rabaisser pour se mettre en avant…

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Sisyphe

Un petit thriller, ça faisait longtemps ! Celui-ci vient tout juste de paraître aux éditions du Seuil.

Un autre jour, Valentin Musso

un-autre-jourAdam Chapman, architecte, la quarantaine, se réveille angoissé. Il a un mauvais pressentiment. Sa femme, Claire, est partie en week-end chez ses parents. Sans trop savoir pourquoi, il est persuadé qu’il lui est arrivé quelque chose. Il tente de l’appeler sur son portable, en vain. Un peu plus tard, c’est à son tour de recevoir un appel. Il ne reverra plus jamais Claire… D’un coup sa vie entière bascule et se transforme en cauchemar. En fait, peut-être que tout cela n’est qu’un très mauvais rêve. Peut-on vraiment toujours être sûr de la réalité du monde qui nous entoure ?

Voilà un thriller psychologique extrêmement bien mené, qui joue avec les nerfs du lecteur. Ce n’est vraiment que dans les dernières pages que nous comprenons le « truc » si je puis m’exprimer ainsi car il s’agit quasiment d’un tour de prestidigitation. En gros, il faut s’imaginer le fameux Jour de la marmotte dans le film Un jour sans fin avec Bill Murray. Version angoissante et macabre. A posteriori, on se souvient des indices laissés tout au long du récit. J’ai apprécié le côté psychologique, la manière dont l’auteur nous met le doute sur ce qu’il s’est vraiment passé ou non, si tout n’était qu’un rêve ou pas, si le protagoniste est victime d’une machination, fou ou que sais-je… Très franchement, j’ai passé un très bon moment de lecture grâce à ce roman de Valentin Musso vraiment bien construit et rythmé à la perfection.

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Mort sur commande

Merci aux éditions De Saxus pour l’envoi de ce roman.

Trauma zéro, Elly Rosemad

41-0lxplohl-_sx328_bo1204203200_La psychologue Maddy Stroke travaille dans le centre hospitalier de Capitale Sud en pointe sur la question de l’euthanasie. Quant à elle, elle est à l’origine d’un projet qui serait révolutionnaire pour les personnes ayant subi de gros traumatismes psychiques. Trauma zéro permettrait en effet d’oublier totalement l’épisode douloureux qui engendre la souffrance. Maddy ayant elle-même subi un drame aimerait pouvoir tester le processus afin de pouvoir se reconstruire et surtout arrêter de souffrir. Dans le même temps, des actes barbares se déroulent au sein de l’hôpital. En effet, le docteur Gabriel Chrysopolis, médecin anesthésiste adulé de tous, qui dirige les essais sur l’euthanasie pour tous, profite de ses travaux pour assouvir ses pulsions meurtrières. Mais alors qu’il passe à l’acte une fois de plus, Maddy le surprend et faire tomber le masque du médecin parfait à ses risques et périls…

Ce thriller psychologique fait littéralement froid dans le dos. Chaque personnage porte sa part d’ombre qui se révèle au fur et à mesure des pages. Si j’ai trouvé le thème accrocheur et l’intrigue de base intéressante, j’avoue rester perplexe sur l’intrigue secondaire, même si elle vient compléter la première. En effet, sans révéler quoique ce soit afin de ne pas gâcher le plaisir des lecteurs, l’auteur nous entraîne dans quelque chose de très glauque, d’une violence pornographique cruelle que j’ai personnellement eu du mal à supporter. Je trouve aussi qu’il y a certaines longueurs dans le roman, des répétitions qui auraient pu être éviter afin de gagner en légèreté. Un avis mitigé donc pour ce roman à ne pas laisser entre toutes les mains.

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Mafia latina

Avant toute chose, je tiens à remercier les éditions du Seuil pour leur confiance renouvelée qui me permets de vous présenter cette nouveauté.

Lola, cheffe de gang, Melissa Scrivner Love

137521_couverture_hres_0Les apparences sont parfois trompeuses. C’est le cas de Lola, une charmante et frêle jeune femme, compagne de Garcia, le chef des Crenshaw Six, un petit gang de la banlieue de Los Angeles. Sauf que la réalité n’est pas celle que l’on croit. C’est Lola, en fait, qui dirige, dans l’ombre mais d’une main de fer, les cinq gros bras qui l’entourent. C’est elle le cerveau. Mais si elle sait parfaitement se faire respecter au sein de son petit groupe, elle voudrait maintenant se faire un nom dans le milieu de la drogue. Cela sera sans doute bientôt le cas puisqu’elle va être amenée à négocier avec le cartel et un autre gros narco-trafiquant. Parviendra-t-elle à tirer son épingle de jeu sans y laisser la vie ? Réussira-t-elle à s’imposer en tant que femme et latina dans ce milieu ultra-machiste ?

J’avoue qu’à la réception du livre, je suis restée perplexe en découvrant le titre et la couverture qui ne m’inspiraient pas vraiment. J’ai néanmoins été agréablement surprise par l’intrigue de ce roman que j’ai dévoré en quelques jours à peine. Pour une fois, nous ne sommes pas du côté des forces de l’ordre mais des bandits. Si le rythme est celui d’un thriller avec des ultimatum, des vengeances et des situations cornéliennes, la psychologie des personnages n’en est pas pour autant oubliée et j’ai apprécié que le protagoniste soit une femme. Une femme forte qui présente aussi ses failles, qui ne se laisse pas abaisser au rang de belle plante verte qui lui était destiné, qui sous ses airs de garçon manqué se pose la question de la maternité et qui gère du mieux qu’elle peut ses blessures d’enfance. Sans aller jusqu’à dire qu’il s’agit d’un thriller féministe, ce roman qui met en avant la cheffe d’un gang sort un peu des sentiers battus et c’est tant mieux ! S’il s’agit d’un premier roman, Melissa Scrivner Love n’en est pas à son coup d’essai puisqu’elle est scénariste pour Les Experts et Person of Interest. Et quand je vous dis qu’il s’agit d’une nouveauté, on ne peut pas faire plus récent puisque le lire sort aujourd’hui même en librairie !

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« Argent, trop cher ! »

Merci à mon chéri qui m’a offert le livre que je vais vous présenter aujourd’hui.

Les salauds devront payer, Emmanuel Grand

9782253086079-001-tNord de la France. La jeune Pauline est retrouvée morte dans un terrain vague. Quelques jours avant, des usuriers aux méthodes pour le moins musclées étaient venus la menacer si elle ne payait pas les traites d’un emprunt contracté quelques mois plus tôt. Hé oui, dans cette région sinistrée où le chômage atteint des records et où les jeunes se partagent entre jobs sous-payés et trafic de drogues, nombreux sont ceux qui succombent aux mirages de l’argent facile des prêts à la consommation. Peu, par contre, se rendent compte de leurs taux exorbitants. Et quand le piège se referme, impossible d’en sortir… Après ce meurtre, tout accuse donc les usuriers. Mais bientôt, d’autres crimes seront commis et le commandant Eric Buchmeyer pense que quelque chose de bien plus profond se cache derrière.

Si j’avoue avoir été un peu déstabilisée par le début du roman – scènes de la guerre d’Indochine puis d’Algérie – qui n’avaient pas grand chose à voir a priori avec le propos du roman, j’ai très vite accroché à l’écriture sans concession d’Emmanuel Grand et à ce que je nommerais ce polar social. En effet, l’auteur nous plonge avec brio dans l’atmosphère aussi austère que chaleureuse du Nord de la France et parvient à dresser un tableau juste des problèmes sociétaux de cette région sans tomber dans le misérabilisme. Ce décor étant dressé, l’intrigue policière est captivante, pleine de rebondissements jusqu’à la toute fin du roman. On comprend au fil des pages la présence du chapitre initial se rapportant aux guerres passées et on est très rapidement absorbé par cette histoire de vengeance pour le moins tordue. A découvrir d’urgence pour les amateurs du genre d’autant que vous pouvez vous le procurer en format poche.

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Statufiant !

Avant toute chose, je tiens à remercier les éditions Bergame pour leur confiance et qui me permettent de vous présenter le roman du jour.

Qu’on me coupe la têêêêêêête !, Jennifer de Théleny

couv145-365x365Aìfe Shaw est une jeune styliste qui a repris l’atelier de son père. Malgré la concurrence des plus grandes maisons de couture, elle mène plutôt bien sa barque malgré quelques périodes creuses. Un jour, le richissime Elioth Anssiman vient lui faire une offre qu’elle ne peut refuser : réaliser un dress-code pour chaque corps de métier de son entreprise et confectionner tous les modèles. Afin de s’imprégner de l’ambiance de la société, il la convie à passer un mois à ses côtés en observation. La jeune femme pénètre alors dans un univers qui lui est totalement étranger et qui va bientôt se révéler hostile. En effet, la femme d’Elioth, Anaïdéa, semble jalouser Aìfe et pour cause : son mari se montre de plus en plus entreprenant envers cette dernière. Il va jusqu’à l’introduire dans son atelier personnel où il fabrique des statues à l’allure étrangement humaine. Peu à peu, sans que la styliste ne s’en aperçoive, le piège se referme sur elle…

Jennifer de Théleny est criminologue de son état. On comprendra donc pourquoi elle consacre son premier roman à la figure du pervers narcissique qui manipule son entourage et particulièrement ses victimes à la perfection pour arriver à ses fins. On assiste ici à la descente aux enfers de la jeune couturière rendue quasi volontaire par le richissime homme d’affaires. L’auteure nous plonge dans un univers surréaliste, à la frontière du cauchemar. Si certaines digressions sont parfois difficiles à saisir, venant rompre la trame narrative, le tout reste néanmoins agréable à lire, surtout si l’on est adepte de thriller psychologique.

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Fièvre meurtrière

Bonjour tout le monde ! Même si je sais qu’aujourd’hui, une bonne partie de la France sera concentrée sur la finale de la coupe du Monde, je tenais à vous présenter un roman noir savamment orchestré.

La nuit est mon amie, Annie Giraud

la-nuit-est-mon-amieÉté 1963, Paule s’ennuie ferme dans son village natal, entouré par sa famille et une pléiade de voisins qu’elle déteste. La jeune adolescente ne supporte plus les soirées passées devant Interville ou à fêter les sardines. Tout l’insupporte, en particulier les mesquineries, la médiocrité et l’hypocrisie qui l’entoure. C’est ainsi que, pour allier l’utile à l’agréable, elle va se charger d’éliminer les importuns, afin qu’ils cessent de perturber ceux qui ne peuvent se défendre. Pendant cet été caniculaire, Paule va froidement préméditer l’assassinat de plusieurs villageois, sachant parfaitement qu’elle ne sera jamais inquiétée par les autorités tant son entourage est stupide.

Été 2003, Paule est seule pour quelques semaines. Son mari et ses enfants étant partis pour les vacances. De nouveau, comme 40 ans plus tôt, elle se sent cernée par la méchanceté quotidienne et décide de faire justice elle-même. Sa fièvre vengeresse la reprend…

J’ai été complètement happée par ce roman noir au ton très cynique – la voix de la narratrice est vraiment savoureuse, on ne peut qu’adhérer à son regard sur le monde qui l’entoure – où l’on se retrouve à suivre le parcours d’une tueuse en série peu ordinaire. Malgré la froideur dégagée par la protagoniste, on comprend pourquoi elle en vient à agir ainsi, à prendre des décisions extrêmes et à accomplir les actes les plus terribles comme si tout était naturel. Mais ce qui est vraiment savoureux, c’est la chute de ce roman qui viendra véritablement expliquer les raisons pour lesquelles cette brave mère de famille se transforme en meurtrière. Je ne m’attendais pas du tout à ça ! En ces jours de canicule, je vous conseille donc la lecture de ce roman paru aux éditions Lucien Souny.